Posted on 22-02-2010
Filed Under (Cinema, Web) by R. Hespel

Il y a des films qui n’ont pas besoin de publicité. Mais sincèrement, ils sont très rares, et je n’ai pas envie de parler de ceux-là. La majorité des productions audiovisuelles a besoin d’une bonne campagne marketing pour se faire connaître auprès du public. Il est loin le temps où une bande-annonce bien ficelée suffisait. Aujourd’hui, il faut créer le buzz. Alors les budgets publicité s’envolent jusqu’à parfois faire jeu égal avec le budget du film lui-même !

Encarts publicitaires, affiches, sites Internet… Les moyens sont nombreux et suivent les tendances. Or, aujourd’hui, la tendance, ce sont les réseaux sociaux. Twitter, Facebook… Peut-on vendre un film en passant par eux ? Ce serait une aubaine : un moyen facile de rejoindre une grande partie de la population pour un coût dérisoire en comparaison de ce qui se fait  à l’heure actuelle. Je ne suis pas le premier à y avoir pensé et des essais ont déjà eu lieu. Une réussite ?

Il faut bien comprendre une chose : on ne vend pas un film via les réseaux sociaux en y collant simplement sa publicité. Non, pour ça, autant en rester aux sites web conventionnels. Pour que ça fonctionne, il faut s’adapter au fonctionnement de ces réseaux, aller dans le sens du social. Il faut interagir.

On pourrait penser que ce sont avant tout des petits films qui profiteraient de ce type de promotion : des films sans public au départ, qui gagneraient l’intérêt d’une communauté. Ce n’est pas mon avis. Un gros film a autant à gagner d’un bon bouche à oreille qu’un petit. Et ils doivent affronter les mêmes écueils. J’aime l’exemple de RMI Le Film, une petite production indépendante française qui pour se vendre est passée par Myspace.

Malheureusement, c’est un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. On peut être précurseur sans en avoir la moindre idée, et ici, aucun contenu n’avait été créé pour enrichir le Myspace. La seule action était d’ajouter le plus grand nombre d’amis pour se faire connaître. Une production plus importante se serait brûlée les ailes avec une telle pratique. Il y a heureusement des exemples plus construits.

Surfant sur le succès de Twitter, la production du film québécois Filière 13 a choisi de faire passer une part de sa communication par le micro-blogging. Pas n’importe comment : en créant du contenu. Durant le tournage, au jour le jour, des vidéos étaient publiées sur les coulisses… De l’inédit ! Les utilisateurs de réseaux sociaux n’ont aucun intérêt pour un contenu publié ailleurs et les producteurs du film l’avaient bien compris. Alors, une campagne réussie ? Non, produire du contenu ne suffit pas.

L’erreur de Filière 13 sur Twitter ? Avoir choisi de diffuser uniquement, sans penser au crowdsourcing. Leur compte Twitter n’a jamais suivi d’autres utilisateurs , il n’y a jamais eu de dialogue ou de réponse apportée aux autres utilisateurs… La page Facebook n’a pas fait mieux, avec aucun dialogue entre les fans et les administrateurs. Grossière erreur.

D’autres films s’en sortent mieux. Home a aussi assuré sa promotion en passant par les blogueurs et par sa page Facebook. Une offre simple : devenir fan pour recevoir des informations sur le film et être invité à l’événement. On devenait fan de la page en sachant ce qu’on recevait. Une campagne maîtrisée et réfléchie.

Je n’ai pas encore vu d’équivalent sur Twitter, aucune promotion de film réussie. Il suffit pourtant de suivre ces deux règles : contenu inédit et interaction. Je gère le compte Twitter d’une Webtélé qui publie une vidéo par semaine. Je ne me contente pas d’y publier l’annonce de la parution de la vidéo hebdomadaire. J’y répète les annonces intéressantes, je discute avec mes followers, je réponds à leurs attentes. Vous voulez utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir votre film ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Notez que cet article n’avait rien à voir avec le film The Social Network, réalisé par David Finsher et prévu pour la fin d’année. Mais je suis curieux de voir si celui-ci va passer par Facebook pour sa promotion…

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Comments

[…] de nos jours, il faut passer par Internet. Si j’avais à nouveau à faire un billet sur comment vendre un film en passant par les réseaux sociaux, je ne prendrait pas forcément the A-Team en exemple. Au contraire, son utilisation de Facebook ou […]


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